Censure d’une conférence de la semaine internationale contre l’apartheid en Israël à l’Université

Le savoir est une arme, le boycott aussi !

Censure d’une conférence de la semaine internationale contre l’apartheid en Israël à l’Université.

Le 21 février dernier, l’ensemble des étudiant-e-s inscrits à l’université de Nantes recevaient sur leur boite mail un message de la part d’Olivier Laboux, président de l’Université, affirmant son soutien « au peuple Ukrainien » et appelant au rassemblement organisé pour soutenir une situation insurrectionnelle contre le gouvernement de l’Ukraine. Cette soif de justice et de solidarité envers les peuples opprimés n’est curieusement pas à l’ordre du jour lorsqu’il s’agît d’évoquer le seul pays au monde qui pratique encore ouvertement la colonisation et la ségrégation ethnique.

En effet, la présidence de l’Université de Nantes vient d’annuler la tenue d’une conférence/débat dans le cadre de la semaine internationale contre l’apartheid en Israël sur la question du racisme d’État et du boycott économique et institutionnel de cet État ségrégationniste condamné par l’ONU. Pourtant, les associations organisatrices de cet événement avaient obtenu de l’administration de l’Université l’accord préalable nécessaire pour la tenu de cette conférence, elles avaient même reçues une autorisation officielle de la part du responsable du bâtiment.

Cela pose à nouveau le problème de la censure d’activités politiques au sein de l’Université. Le président Laboux, de l’aveu du responsable administratif nous ayant signifié l’interdiction, aurait motivé son refus en évoquant le droit français qui interdirait aux Universités la tenue d’événements dans le cadre de campagnes politiques. Pourtant, l’article L811-1 du code de l’Éducation affirme : « [les étudiant-e-s] disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public ».

A moins de penser que l’association Génération Palestine et le syndicat Solidaires Étudiant-e-s représentent un danger pour l’ordre public, le droit français justifie-t-il réellement cette interdiction ? Le président de l’Université, qui soutenait une révolte en Ukraine, et donc affirmait une position politique, interprète curieusement le droit de critiquer et dénoncer l’oppression.

Rappelons enfin que la semaine de l’apartheid israélien s’inscrit dans le cadre d’une campagne mondiale d’associations de défense des droits humains et qu’elle vise particulièrement cette année à promouvoir la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanction (BDS). Campagne qui réactive les solidarités et les actions qui avaient contribué à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Monsieur Laboux, ou d’autres responsables universitaires auraient-ils remis en cause le bien-fondé du boycott qui avait visé l’État d’Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980 ?

« L’ONU a adopté une position forte contre l’apartheid, et avec les années, un consensus international s’est constitué et a contribué à mettre fin à ce système injuste. Mais nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens. » Nelson Mandela.

C’est pourquoi ce débat est maintenu : jeudi 20 mars – 14h : « Apartheid & boycott: de l’Afrique du Sud à Israël » Salle 1002 (Bât Censive)

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